16 Nov 2017

Par: Martine Le Normand

Portraits

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Surtout connu pour avoir vulgarisé le concept de résilience, Boris Cyrulnik est un neuro-psychiatre et psychanalyste français, né le 26 juillet 1937 à Bordeaux.

Il est né dans une famille d’immigrés juifs d’Europe Centrale et orientale arrivée en France en 1930.
Durant l’occupation, en 1942, ses parents décidèrent de le confier à une pension pour lui éviter d’être arrêté par les nazis. Cette pension le placera ensuite à l’Assistance Publique. Il sera alors recueilli par une institutrice bordelaise qui le cachera chez elle.
Mais, le 10 janvier 1944, au cours d’une rafle, il sera regroupé avec d’autres juifs à la grande synagogue de Bordeaux. Ayant réussi à se cacher dans les toilettes pour éviter d’être déporté comme tous les autres, il sera sauvé par une infirmière et, ensuite, pris en charge et caché par un réseau puis, placé comme garçon de ferme jusqu’à la Libération.
Ses parents moururent en déportation. Lui fut recueilli à Paris par une tante maternelle, Dora.

Il déclara plus tard que c’est cette longue expérience traumatisante qui l’avait poussé à vouloir devenir psychiatre dès l’âge de 10 ans. « Je me suis demandé : comment de telles choses sont-elles possibles ? Comment peut-on s’en sortir ? Comment agir pour que ÇA ne se reproduise pas ? Comment aider ceux qui ont souffert, qui souffrent ? »

Carrière

Après des études à la faculté de médecine de Paris et un internat à Digne, il passe son certificat d’études spéciales en neurochirurgie à Marseille
Il devient ensuite médecin chef de La Salvate, un établissement privé de postcure psychiatrique.
En 1979, après sa propre psychanalyse, il s’installe comme psychanalyste à mi-temps tout en donnant des consultations au Centre hospitalier de La Sayne-Sur-Mer (jusqu’en 1991).
Il crée alors un groupe de recherche en éthologie clinique, « carrefour de disciplines » et publia en 1984 « Ethologie clinique : 14 textes originaux. »
A l’interface de la biologie et de la psychologie, l’éthologie permet une nouvelle compréhension des comportements. Elle concerne l’étude du vivant : animaux et êtres humains, évolution, neurologie, neurobiologie, mise en place des comportements et des rituels d’interaction.
Chargé de cours d’éthologie humaine clinique à la faculté de médecine de Marseille, de 1974 à 1987, il devient en 1995/96 directeur d’enseignement d’un diplôme universitaire de la faculté des lettres et sciences humaines de Toulon.
Le 31 décembre 2014, il fut élevé au rang d’Officier de la Légion d’Honneur.

Environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence.

Face aux traumatismes, certains s’en sortent mieux que d’autres. Ils vivent, aiment, travaillent, créent, alors que les épreuves qu’ils ont traversées auraient dû les terrasser. La résilience est la capacité à vivre, à réussir, à se développer, en dépit de l’adversité.
Les recherches en ce domaine ont débuté dans les années 90, sous l’influence de psychiatres américains spécialistes de la petite enfance, tels que Emmy Warner et Jon Bowlby. C’est Boris Cyrulnik qui a le premier introduit ce concept en France.
Dans son essai « Un merveilleux malheur » (Odile Jacob), Boris Cyrulnik s’interroge sur les processus de réparation de soi inventés par les rescapés de l’horreur.
Dans « Les vilains petits canards » (Odile Jacob), il montre comment ces processus se mettent en place dès les premiers jours de la vie et permettent de se reconstruire.
Les processus qui permettent de reprendre son évolution après un coup du sort nous concernent tous. Ils obligent à penser la vie en termes de devenir, d’évolution. Environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre.

Prises de positions

Boris Cyrulnik s’est positionné à plusieurs reprises contre la gestation pour autrui, au titre des effets délétères qu’aurait la séparation précoce d’avec la mère biologique, sur la vie entière et parce qu’un bébé né d’une mère ne l’ayant pas investi affectivement pendant sa grossesse aurait selon lui un retard de développement à la naissance.
Boris Cyrulnik est plutôt pour l’homoparentalité : « Selon mon expérience, les enfants élevés par des couples homosexuels grandissent comme les autres. »
Il est aussi membre du comité d’honneur de l’Association pour mourir dans la dignité (ADMD) qui milite pour que chaque Française et chaque Français puisse choisir les conditions de sa propre fin de vie.

 

Bibliographie

Conteur à la voix douce et enveloppante, Boris Cyrulnik est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont tous été d’immenses succès. En voici quelques uns :

  • Psychanalyse et résilience. Odile Jacob. 2006.
  • De la parole comme d’une molécule. Ed. Seuil. 1995.
  • Un merveilleux malheur. Odile Jacob. 1999.
  • Les vilains Petits Canards. Odile Jacob. 2001.
  • Parler d’amour au bord du gouffre. 2004.
  • Mourir de dire : la honte. Odile Jacob. 2010.
  • Quand un enfant se donne « la mort ».Odile Jacob. 2011.
  • Résilience. Connaissances de base. Odile Jacob. 2012.
  • Sauve-toi, la vie t’appelle. Odile Jacob. 2012
  • Les âmes blessées. Odile Jacob. 2014.

 

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